ENFANTS DE LA LUNE

 Soyez tentés par une aventure mordante ! N'hésitez pas et suivez Elynn dans sa nouvelle vie remplie d'action, de danger et de magie mais également de romance et d'amitié.

 

Imaginez-vous en loup-garou, non un de ces gars capables de se déchirer la peau et puis hop, un corps animal tout frais en dessous avec tout l'attirail, griffes, crocs et l'envie de tuer dans les veines. Non. Mais plutôt: être capable par un don héréditaire de quitter son corps pour intégrer celui d'un loup, lors d'un voyage astral, les soirs de pleine Lune. C'est ce que va vivre, Elynn Harper, 17 ans, habitante d'une petite ville des Rocheuses Canadiennes, qui devra apprendre à gérer sa nouvelle condition d'autant plus qu'à chaque voyage, elle reçoit l'imprégnation de son animal. Autrement dit, une part sauvage se développe en elle, contrebalançant avec son humanité, ce qui lui apporte au passage de toutes nouvelles capacités physiques plutôt déstabilisantes. Fort heureusement, elle pourra compter sur de nouveaux amis, des garçons possédant comme elle cette capacité extraordinaire et qui font partie de sa meute. Le problème est que ce groupe est mené par un homme ténébreux, l'Alpha, à l'ego surdimensionné et arrogant qu'Elynn devra affronter, d'autant plus qu'il ne la laisse pas indifférente enfin sa partie sauvage.

 

ENFANTS DE LA LUNE 1 : SUNSET

 

Elynn est de retour et a débuté sa vie d’étudiante à l'université. Tout a changé pour elle. Fini la vie auprès de sa famille, à suivre les autres. Elle a choisi de prendre son existence en main. Dirigeante de son propre clan, elle doit faire face aux responsabilités que qui lui incombent. Tout s'accélère alors qu'une nouvelle femme possédant le même don que son groupe, celui de s'approprier le corps d'un loup les soirs de pleine lune, fait son apparition. Et ce ne sera pas le seul problème auquel la jeune femme sera confrontée ! En effet, il est de plus en plus difficile pour Elynn d'étouffer sa part en elle qui ne demande qu'à être sauvage, dominatrice et qui ne souhaite qu'une chose : se rapprocher de Dasan, l'Alpha mâle qui vit sur le même campus. Or, tout sera remis en question alors qu'elle devra faire face à un événement imprévu, pouvant conduire la jeune femme à sa mort… Ce tome est bien plus intense que le premier tant par l'action, mais surtout par les émotions ressenties par Elynn et ses compères qui devront s'unir à nouveau pour faire face à la plus grande menace jamais rencontrée par la meute.

 

ENFANTS DE LA LUNE 2 : SUNRISE

EXTRAIT

 

En refaisant les lacets de ma Converse droite, je demandai distraitement à mon amie :

— Qu’as-tu en tête ?

— Voyons voir... Pourquoi pas une séance de ciné chez Roxy’s ?

— Super. Il y a un film avec Léonardo Di…

Je n’écoutais plus Beverly. Ayant perçu un danger, j’avais bondi sur mes pieds, le bras vivement tendu sur ma droite. Vint une brûlure intense, le frottement d’un objet dans la paume de ma main. Tout cela n’avait duré qu’une fraction de seconde, mais c’était comme si j’avais vu la scène se dérouler au ralenti. J’avais su qu’un ballon se dirigeait vers nous, ou plus exactement sur le visage de ma camarade. Je n’avais pas réfléchi. J’avais agi d’instinct, évitant sans doute à mon amie d’être la plus jeune fille de la région à faire de la chirurgie esthétique, histoire de rattraper les dégâts sur son visage si le ballon l’avait percutée. De mes yeux écarquillés, je fixai mon bras, essayant de comprendre ce qui venait de se passer.

C’est au moment où j’emplis à nouveau mes poumons d’air que je pris conscience que j’avais bloqué ma respiration. Et c’est alors que l’incroyable se produisit. J’entendis un son qui m’était inconnu. Avec un temps de retard, j’en déterminai la source. De l’air ; celui que je venais d’inspirer. Il glissa entre mes lèvres dans un doux murmure, continua son chemin en moi pour finir dans mes poumons. J’entendis le son que mes bronches produisirent en se gonflant. Je n’aurais jamais pensé que cela puisse faire du bruit. Et pourtant ! Un autre son éclata. Le même son se répéta une seconde fois, puis une troisième avant que je ne réalise que c’était mon propre cœur qui se contractait et se relâchait à une rythme régulier. Ce son-là était bien plus intense que celui que j’avais déjà entendu dans une chanson ou à la télévision lorsqu’une personne passait un examen médical. Il était aussi bien plus complexe qu’un simple battement sourd. Il y avait tant de subtilités dans une seule contraction cardiaque que c’en était déroutant. Mais... quel était donc ce bruit assourdissant ? Je baissai les yeux juste à temps pour voir la semelle de la chaussure de Beverlyfrotter l’arête du banc sur lequel elle avait mis les pieds devant elle. Je n’arrivais pas à croire que ce simple geste soit la cause du vacarme qui venait d’éclater dans ma tête.

Soudain, le silence, écrasant de vide, s’imposa. Déstabilisant. Abyssal. Et avant même que je puisse y réagir, je fus emportée par un nouveau ballet de bruits divers. Une autre inspiration, et la résonance de l’air éclata, se mélangeant à la multitude de sonorités dont je fus rapidement incapable de distinguer la provenance tant ils étaient nombreux. C’est comme si j’entendais tout. J’aurais bien tenté de comprendre ce qu’il se passait, mais cette cacophonie était devenue étourdissante, au point de m’empêcher de ne serait-ce que réfléchir.

Une pression sur ma cuisse gauche ; on venait de me toucher. Bruit et sensation de froissement du jean sur ma peau. Et cette onde de chaleur de cette main sur moi, tellement vive qu’elle passait la barrière du tissu. Ce toucher semblait avoir fait s’étirer, s’éloigner les sons vers le néant, me laissant figée et choquée. Encore debout, je fixais sans les voir les lèvres de Beverly, qui s’animèrent à nouveau.

— Tu vas bien ?

Je réalisai avec un temps de retard que cette voix, qui ondulait jusqu’à mes oreilles, était la sienne. Comme si mon cerveau était engourdi, il me fallut un moment avant de réussir à comprendre qu’elle venait de s’adresser à moi. Un autre moment pour comprendre ce qu’elle me demandait :

— Je... je...

La surprise et l’incompréhension, que je lus dans son regard, me firent taire. Puis je vis les autres. Et tous ces gens autour qui me fixaient.

 « Qu’est-ce qui se passe ? »

Sans doute se posaient-ils la même question. Je fermai les yeux pour me recentrer, reprendre mes esprits. Sans vraiment m’en rendre compte, je ramenai la balle ovale contre ma poitrine en la pressant avec force ; j’avais besoin de me raccrocher à quelque chose de tangible, de réel. De mes doigts, j’en sentais la moindre aspérité : la situation n’était donc pas revenue à la normale comme je l’avais cru ou espéré. Et puis cette odeur...

« Non. Plusieurs odeurs. »

C’était un véritable bouquet de senteurs. Visiblement, il n’y avait pas que mon ouïe qui s’était déglinguée. Contrairement à tous ces sons que j’avais entendus, j’arrivais à déterminer la moindre odeur que dégageait le ballon sur lequel je m’étais concentrée : cuir, tissu, herbe et tellement d’autres fragrances. C’était à se demander comment un simple objet comme celui que je tenais entre mes mains pouvait contenir autant de molécules parfumées. Tout ce flot de sensations me laissa... effarée. Fixant toujours le ballon, j’entendis mes amies qui se remirent à parler, principalement de ce qui venait de se passer, comme quoi il pouvait être dangereux d’être dans les gradins, finalement. J’arrivais à les écouter bien que incapable de détourner mon attention de la balle que je faisais rouler entre mes mains.

— Elynn ? Tu rêves ou quoi ?

Je tentai de m’arracher à la sensation étrange de ce toucher hypersensible qui m’était resté alors que mon ouïe et odorat étaient revenu à la normale pour orienter mon attention sur les filles assises à ma gauche.

— Ils attendent que tu leur apportes le ballon, ajouta Emily, car je n’avais visiblement pas percuté.

Maintenant que j’y prêtais attention, je pouvais entendre les garçons m’interpeller ; je n’aurais pu les ignorer. Tous agissaient comme s’ils étaient inconscients de ce qui m’était arrivé. Je venais d’être plongée dans une situation totalement déroutante, étrange qui n’avait visiblement duré que quelques secondes.

« Ils n’ont rien remarqué. »

Ce constat rassurant me permit de me reprendre. Et heureusement ! Parce que mes amies commençaient à me regarder avec suspicion. Histoire de donner le change, je répondis :

— Pas de problème.

Ma réponse n’avait été qu’un murmure, j’en vains à me demander si elles m’avaient entendue. À demi rassurée, je jetai un regard circulaire avant de me concentrer sur les joueurs en contrebas. Je constatai que les gens me regardaient, certes, mais pas avec autant d’insistance que je l’aurais cru. Petit soulagement.

« Je vais bien. C’est rien. Il ne s’est rien passé. »

— La balle ! répétèrent certains, visiblement impatients.

Je ne sais combien de fois je m’étais entraînée au football américain dans le jardin avec mon père. Fille unique, j’avais l’habitude, depuis toute petite, de jouer avec lui à des jeux de garçons. Tout cela remontait à plusieurs années, et pourtant je retrouvai les gestes enseignés par mon entraîneur officiel. Reculer une jambe en arrière pour prendre appui et détendre mon bras dans la bonne position pour renvoyer le ballon aussi loin que possible. Je pensais qu’il me serait difficile d’atteindre le joueur qui s’était rapproché des gradins parce que je n’avais jamais excellé, au grand dam de mon père, dans ce sport. Je fus donc aussi surprise que les autres de voir la balle s’envoler dans les airs pour atterrir au beau milieu du terrain ! Un lancer beaucoup trop fort pour un petit gabarit comme le mien. J’observai, médusée, le ballon ovale rebondir sur le gazon avant de me rendre compte que les regards étaient rivés sur moi.

C’est alors que je croisai un en particulier, celui du joueur qui venait de gravir les marches sur ma droite. Je ne l’avais pourtant pas vu monter avant. Il était là, à trois ou quatre mètres de moi, figé. Lansa Sanderson. Enfin... l’image que j’en avais n’était pas celle que mes yeux voyaient. Ce n’était pas un être humain. C’était un loup. Je le reconnaissais, et son regard étonné n’émettait aucun doute sur ce qu’il voyait en moi. Comme brusquement vidée de mes forces, je me laissai lourdement tomber sur le banc, sans pour autant pouvoir détacher mes yeux de lui. Je sursautai. Une main venait de s’abattre sur mon épaule. Le contact visuel entre Lansa et moi fut brisé net, ainsi que le phénomène étrange qui en découlait.

— Waouh ! Tu as pris des testostérones au petit-déj ou quoi ? cria presque à mon oreille Beverly.

Je la regardai sans comprendre. Abigail intervint à son tour :

— Incroyable ! Tu m’épates, Elynn !

Tel un ressort, je bondis sur mes pieds. Sans vraiment savoir ce que je faisais, je me retournai et me saisis de mes affaires posées sur le banc derrière.

— Tu fais quoi, là ?

Devant les regards étonnés de mes copines, je lançai une excuse en bredouillant :

— Heu... Je dois partir ou… ou je vais rater le car.

« Oui, il faut que je parte. Et vite. »

J’allais filer par la droite, quand j'aperçus Lansa Sanderson planté encore là. Cette fois-ci, ce n’était pas une vision, mais ce qu’il était en réalité : un garçon tout ce qu’il y avait de plus normal. Je passai devant les filles pour ne pas avoir à le croiser. Il devait me prendre pour une cinglée ; il suffisait de voir la façon dont il me regardait. Car il ne faisait aucun doute que tout « ça » – lui en loup et le reste – ne s’était jamais vraiment passé. Je les laissai, lui et les filles, en marmonnant quelques mots incompréhensibles. Il me fallait être seule, si je voulais trouver une explication logique à ce que je venais de vivre.

« C’est ça ! Une explication logique. »

— Eh ! Mais attends ! Tu as oublié, c’est moi qui te raccompagne, tenta de m’arrêter Beverly.

Je ne l’écoutais plus. M’isoler au plus vite, si possible dans ma chambre. Il n’y avait que cela qui comptait. Un sentiment de peur primitif occultait tout le reste.