CÉLINE PARKER

Bienvenue dans le monde des gardiens, descendants des dieux qui vivent à l’ombre de l’humanité protégeant celle-ci du Chaos,

l’anéantissement de toute chose.

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Ils sont les descendants des dieux, elle n’est qu’une humaine bavarde
Ils sont dotés de pouvoirs magiques, son arme à elle, c’est son caractère
Ils sont en guerre, elle est jeune fille au pair en Ecosse
L’un d’entre eux est en danger, ce jour-là, elle a décidé de se balader
Leur route va se croiser

Céline, jeune française un peu loufoque qui vit depuis peu en Ecosse se gare sur le bord d’une route en lacet au cœur d’une vallée des Highlands. Là apparaît un homme. Il court en pleine lande, poursuivi par toute une bande de gars. Céline n’a pas le temps de se poser de questions. Suivant son caractère aussi loufoque qu’impulsif, elle vient en aide à cet homme et, ce faisant, elle plonge la tête la première dans un conflit entre mages qui fait rage à l’insu des humains.
Embarquez-vous dans cette histoire aussi folle que surnaturelle.

CÉLINE PARKER 1 : GARDIENS DU CHAOS
CÉLINE PARKER 2 : GARDIENS DU TEMPS

 

En venant en aide à un beau highlander en danger, Céline, jeune Française en Écosse, s'est retrouvée mêlée dans un conflit qui fait rage à l'insu des humains. Celui-ci oppose deux clans de Gardiens, des êtres dotés de magie. Depuis lors, la vie de Céline a basculé. Elle ne peut plus rentrer chez elle sous peine de mettre sa famille en danger. Elle se retrouve donc à vivre dans un manoir surnaturel, auprès d'hommes aux pouvoirs magiques et d'une lady emprisonnée dans un miroir depuis plus de deux siècles. Tout ce petit monde reste menacé par le clan adverse des gardiens. Comme si cela ne suffisait pas, voilà que Céline a trouvé un grimoire, un vrai et que depuis lors, lui apparaît un highlander des temps anciens. Comment tout cela va-t-il finir, on se le demande ?Bienvenue dans le monde des Gardiens, êtres de pouvoir, descendants des dieux et héros, qui vivent à l'ombre de l'humanité protégeant celle-ci du Chaos.

 

Bienvenue dans le monde des gardiens, descendants des dieux qui vivent à l’ombre de l’humanité protégeant celle-ci du Chaos, l’anéantissement de toute chose.

Céline et Baltair, le Highlander venant du 18e siècle, arrivent sur le mont Olympe pour rencontrer le Conseil. Tout ne se passe pas comme prévu. Il en sera de même lors de leur retour en Écosse.
Dans ce troisième tome, Céline devra faire preuve de courage et de persévérance. Sa jovialité et son caractère loufoque seront mis à rude épreuve tandis qu’elle deviendra pleinement une gardienne dotée de grands pouvoirs.

 

CÉLINE PARKER : GARDIENS DU POUVOIR

CHAPITRE OFFERT

 

 

1 — TOMBER À PIC

 

Il y a certains jours de notre existence dont nous connaissons l’importance avant même qu’ils n’arrivent. Par exemple, un mariage à venir ou une naissance imminente... Dans une moindre mesure, cela peut être un rendez-vous majeur ou la rentrée scolaire… Et il y en a d’autres qu’on ne peut prévoir.

Prenez le cas de Céline.

Elle ne s’est jamais dit en se levant par une belle journée d’octobre – et Dieu sait à quel point c’est rare en Écosse – que sa vie était sur le point d’être totalement bouleversée. Bref, vous l’aurez compris : le destin frappe le plus souvent quand on s’y attend le moins. Un tel événement ne découle pas d’une décision que l’on aurait prise, d’une conséquence directe ou indirecte d’une situation que l’on aurait voulue. Absolument pas ! Cela vous tombe dessus avec force. Cela fracasse vos certitudes, éclate ce qui faisait votre vie, vous oppresse en vous donnant l’impression de ne plus pouvoir respirer. Vous tentez alors de vous débattre, de vous libérer de ce poids que l’on a mis sur votre pauvre petit être. Rien n’y fait. Ce genre de bouleversement vous force à voir le monde autrement, à changer pour simplement être capable d’y survivre en espérant ne pas vous perdre ou perdre vos proches en chemin. Mais je m’égare.

Revenons donc à Céline et à ce jour fatidique où sa vie a basculé.

Céline avait dû attendre d’avoir dix-huit ans pour s’émanciper de son rôle de « bébé de la famille » en quittant le domicile familial… et tant qu’à faire, aussi son pays. Benjamine d’une fratrie de trois filles, elle a toujours été considérée comme la petite dernière sur laquelle il fallait veiller, d’autant plus qu’elle était la plus casse-cou des trois – et elle l’est toujours. Faut dire que durant les premières années de sa vie, elle a servi de poupon puis de Barbie à ses grandes sœurs, ce qui lui a fait très vite choisir le camp de papa et ses activités de garçon. Ainsi Céline a-t-elle appris à aimer le bricolage. Dès qu’il y avait quelque chose à faire dans la maison ou le jardin, elle se portait volontaire pour aider son père dans les travaux. Les premières années, elle ne pouvait pas faire grand-chose, mais en grandissant, elle était devenue aussi débrouillarde que lui.

Le mètre soixante-huit, Céline n’était ni trop grosse ni trop mince, si ce n’était peut-être des hanches plutôt généreuses. Ce qui la caractérisait, c’était ses yeux bleus et de longs cheveux blonds et bouclés. Ses grandes sœurs étaient brunes comme leur père, et de son côté, elle avait bien hérité des deux gros défauts de la famille : le retard systématique et un manque d’orientation flagrant, ce qui ne faisait qu’aggraver la première tare.

Pourtant, rien n’aurait pu l’empêcher de se lever très tôt en ce dimanche matin pour partir seule sur les routes écossaises. Elle s’arrangeait toujours pour avoir sur elle son téléphone chargé afin d’utiliser son GPS pour compenser son petit problème d’orientation. Sur une route de campagne en lacet, elle roulait au volant de la voiture que lui a prêtait sa famille d’accueil, une petite Fiat 500. Lorsque la mère écossaise lui avait montré son ancien véhicule qu’elle pourrait utiliser le temps de son séjour chez eux, elle avait été surprise par la réaction de joie de cette petite Française. C’est que Céline avait quelque peu exagéré son expérience au volant. Certes, elle conduisait en conduite accompagnée depuis ses quinze ans, mais c’est à peine si elle avait réussi à atteindre le quota d’heures minimum de conduite, et ce, en trois ans, pour obtenir son permis. D’une part, elle vivait dans la banlieue de Marseille et utilisait les transports en commun ; d’autre part, ses parents avaient toujours été trop occupés pour vraiment lui permettre de se faire la main. Savoir qu’elle allait avoir un véhicule rien qu’à elle avait été déterminant dans son choix de travailler pour cette famille.

Avisant un terre-plein sur le côté de la route, Céline gara la voiture pour pouvoir admirer le paysage idyllique qui s’offrait à elle. Elle appuya trop fort sur la pédale de frein, et la voiture glissa sur les gravillons avant de s’arrêter.

— Mmm, peut mieux faire, se contenta-t-elle de dire en français.

Puis, sans même prendre le temps de couper le moteur, elle sortit en claquant la portière un peu trop fort derrière elle. Céline enfonça ses mains dans les poches avant de son jean. Éprouvant un sentiment de rare liberté, elle prit une profonde inspiration et manqua de s’étouffer.

— Non d’une biquette des montagnes ! hoqueta-t-elle en toussant, une main devant la bouche.

L’air glacé l’avait surprise. Elle relégua au second plan le climat régnant dans son pays d’accueil : ce n’était pas la première fois qu’elle devait se forcer à passer outre son envie de fuir ce pays pour rentrer bien au chaud dans le sud de la France. Néanmoins, c’était la seule solution qu’elle avait trouvée pour pouvoir quitter sa famille un rien envahissante et satisfaire son goût pour le voyage.

Elle venait d’avoir son baccalauréat littéraire, mais quant à savoir ce qu’elle voulait faire ensuite… Elle espérait que ce séjour à l’étranger lui permette d’en savoir plus sur ce qu’elle voulait faire de sa vie. Ses parents avaient accepté qu’elle parte vivre à l’étranger à la condition qu’elle travaille, qu’elle ne quitte pas l’Europe et qu’à la rentrée scolaire suivante, elle reprenne ses études. Céline avait donc cherché sur internet un emploi sans qualification et qui soit en Europe, et la seule opportunité qu’elle avait trouvée était d’être jeune fille au pair. Le job idéal, puisqu’elle n’aurait pas à chercher un logement. Elle avait trouvé une famille d’accueil ici, en Écosse. Quitte à tenter l’aventure, autant choisir un pays bien différent de sa Provence natale. Enfin, c’est ce qu’elle s’était dit sur le moment. Et on peut dire que c’était un succès jusqu’ici. C’est avec joie et anticipation que la jeune femme avait accepté l’offre d’emploi de la famille Lewis. Elle aurait dû se renseigner davantage sur l’endroit où elle allait vivre durant les six prochains mois ! Il s’agissait d’un trou paumé près de la ville d’Inverness. Mais elle avait dit oui, et son père lui avait toujours dit qu’une parole donnée se devait d’être tenue.

Céline ne put s’empêcher de grimacer en repensant au temps qu’il lui fallait passer encore dans cette petite ville coupée de tout. Le lieu possédait malgré tout un charme indéniable : de hauts sommets verdoyants, des lacs isolés, des paysages épurés, c’est ce qu’elle contemplait. Puis quelque chose la dérangea. Elle devait se rendre à l’évidence que le lieu était vide. Aucune âme à des kilomètres à la ronde ! Pour s’en assurer, elle tourna sur elle-même.

Céline appréciait la compagnie des autres. Elle était de ce genre de personnes qui souhaitent partager des moments comme celui-ci avec quelqu’un. Ce n’était pas son truc de se retrouver seule au monde. Elle avait très vite découvert que de s’occuper de trois enfants de six à dix ans pouvait être épuisant, mais au moins, elle ne s’ennuyait pas. Alors que là… Pourtant, elle l’avait attendue avec impatience, cette occasion de partir explorer la région au volant de son bolide. Et à présent qu’elle y était, elle éprouva un vague à l’âme fort déplaisant.

— Oh, ça va, hein ! Et puis, pourquoi devrais-je partager cette magnifique vue avec quelqu’un ? C’est pas comme si tout ça méritait d’être admiré, si ?

Elle s’ébroua, fâchée contre elle-même d’avoir ce genre d’idées dans la tête. Après tout, elle réalisait son rêve, non ? Tant d’années à bassiner ses proches pour vivre ce qu’elle expérimentait, et voilà qu’elle se plaignait ! Elle se força à se détendre, puis se replongea dans la contemplation du paysage, dont la beauté fut suffisante pour lui redonner le moral. Comment rester indifférent à cette nature si sauvage et indomptable ? Ses versants abrupts encerclant l’horizon de tous côtés, cette large vallée verdoyante au cœur de laquelle elle se trouvait, tout cela avait de quoi l’enchanter. L’air, certes frais, recelait tant de fragrances enivrantes, comme celle de la bruyère omniprésente, où que se posât le regard.

— Qu’est-ce que… ?

Fronçant les sourcils, Céline mit une main en visière, espérant atténuer la réverbération du soleil qui se reflétait sur le pare-brise de la voiture devant elle. Elle scruta le terrain de l’autre côté du véhicule. Elle n’avait pourtant pas rêvé !? Elle avait bien vu une silhouette s’avancer dans sa direction. Mais non. Rien. Une nouvelle minute passa, et déjà la jeune femme envisageait de se mettre à l’abri dans l’habitacle. Elle avait naïvement pensé qu’il ferait plus chaud en ce début d’octobre que ce froid polaire qui la glaçait jusqu’aux os. Certes, elle savait qu’elle allait devoir s’habituer à la pluie ; ses proches n’avaient cessé de lui rappeler l’humidité de ce pays. Mais elle n’avait pas prévu qu’il ferait aussi froid, ça non. Elle n’oublierait pas la tête qu’avait fait sa famille d’accueil lorsqu’elle était apparue avec pour seul bagage une petite valise. Céline s’en était inquiétée, puis, le temps aidant, elle avait relégué ce problème à plus tard. Il faut dire que, depuis son arrivée, elle passait la majorité de son temps dans la maison ou dans la voiture. Être au pair consistait pour beaucoup à être femme de ménage la matinée, nounou l’après-midi jusqu’au retour des parents et, entre-temps, à servir de chauffeur.

Fort heureusement, elle avait eu la brillante idée de superposer plusieurs couches de vêtements pour son premier jour de congé. Elle ne portait pas moins de deux tricots à manches longues, un pull en laine noire, un caleçon long sous un jean slim et des bottes noires montantes par-dessus. Le seul achat conséquent qu’elle s’était permis, après avoir reçu son argent de poche, avait été cette doudoune noire qu’elle mettait sitôt qu’elle sortait de la maison ou du véhicule. Malgré cela, elle avait l’impression que le froid s’infiltrait en elle, vicieusement.

— Autant regarder le paysage de l’intérieur, Noooon, je ne bats pas en retraite face aux éléments, je m’abrite, nuance ! se dit-elle en guise d’excuse pour pénétrer dans l’habitacle.

Elle posait la main sur la poignée lorsqu’un cri la fit sursauter. Céline leva la tête et regarda, surprise, de l’autre côté du véhicule. Elle n’avait donc pas rêvé la silhouette. C’était un homme qui remontait le versant opposé d’une butte. Voilà pourquoi elle l’avait perdu de vue. Il se trouvait à environ deux cents mètres d’elle et courait dans sa direction. À nouveau, la voix masculine brisa le silence :

— À l’aide ! cria-t-il en anglais.

Cette personne était donc en difficulté. Céline se déplaça vers l’arrière du véhicule et le contourna.

— Vous allez bien ? lança-t-elle dans la langue du pays suffisamment fort pour être comprise de lui.

Aucune réponse ne lui fut donnée. Que faire : s’avancer vers lui pour tenter de l’aider, ou bien rester là, à proximité de la voiture, incertaine des intentions réelles de cet inconnu à son égard ? Après tout, il pouvait prétendre être en difficulté avant de l’attaquer. Seule, elle était une proie facile, même si on était en milieu de journée. Céline vivait avec son temps et ne se faisait plus aucune illusion quant à ce qu’il pouvait arriver à une jeune femme comme elle. Tenter de ne pas penser à la cruauté de ce monde était bien inutile. Il suffisait d’allumer la télévision, de consulter internet ou d’écouter la radio pour prendre connaissance d’une actualité crue, une succession de faits plus sordides et barbares les uns que les autres.

Finalement, Céline préféra se méfier. Elle plongea sa main dans la poche de son manteau pour prendre son cellulaire. Il n’y était pas. Et tandis qu’elle s’apprêtait à se tourner vers le véhicule en se souvenant que son portable était calé contre le tableau de bord pour lui servir de GPS, elle vit l’homme tomber. Il venait sans doute de déraper dans la bruyère humide. Mais il se reprit bien vite. Elle avait du mal à en croire ses yeux. Cet individu devait être du coin. Il n’y avait qu’un Écossais pour se déplacer ainsi dans la tourbière pleine de trous remplis d’eau. Et il ne portait qu’un simple jean et un pull en laine, même pas une veste !

C’est alors qu’elle le vit tourner la tête pour regarder par-dessus son épaule, tout en continuant à descendre le versant abrupt pour la rejoindre. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’elle porta son attention sur ce qui se trouvait derrière celui qui n’était plus à présent qu’à une dizaine de mètres d’elle. Des gens… des hommes… Eux aussi couraient dans sa direction. Elle eut immédiatement la certitude que ces individus, qui devaient être une dizaine, voulaient du mal au grand brun devant eux. Il suffisait de voir la peur marquant les traits de l’homme et avec quelle urgence il se précipitait, indifférent au terrain escarpé. Céline se figea, incapable de réactions, de réflexion. Elle avait l’impression d’être dans un rêve. Tout ceci ne pouvait être réel ! Certes, elle avait espéré vivre des situations insolites en Écosse, mais là, ça dépassait l’entendement.