LA HORDE DES LYCANS

Ils sont sept guerriers loups-garous et forment la Horde,

l'élite guerrière de leur race.

 

Ils se nomment Domination, Abomination, Thunder, Silence, Ombre, Temptation et Ash. Leur rôle est de protéger les leurs contre les attaques de leurs plus farouches ennemis, les sorciers et sorcières. Depuis quatre cents ans, les lycans subissent leurs assauts aussi magiques que violents, et ce, sur tout le territoire nord-américain.
De nos jours, sur la côte Est des USA, des morts suspectes de jeunes gens attirent l'attention. Les guerriers de la Horde vont, mener l’enquête, convaincus de nouveaux méfaits des sorciers.
Dans ce premier tome, suivons Ash, le guerrier doté d'aptitudes particulières, et Léa, une jeune humaine déterminée à sauver sa meilleure amie, qui va se retrouver mêlée à ce monde de magie dont elle ignorait l'existence.
Aventure et valeurs fraternelles, humour et séduction : découvrez un cocktail détonant !

1 - LE GUERRIER ARDENT

 

SORTIE EN AOUT 2021

2 - LE GUERRIER OBSCUR
7 TOMES SONT PREVUS POUR CETTE SERIE

CHAPITRE OFFERT

 

 

CHAPITRE 1

 

Arizona, USA

Dans l’une des réserves indiennes apaches.

6 juin

2:14 am

 

UN HOMME SE RÉVEILLA brutalement, tiré du sommeil par son instinct le prévenant d’un danger. Son regard survola la chambre tandis qu’il secouait d’une main sa femme endormie à sa droite dans le lit. Au cœur de la nuit, la pièce était plongée dans le noir. Néanmoins, l’homme d’une trentaine d’années discernait clairement le mobilier et la multitude de cadres accrochés au mur représentant sa famille. Aucun bruit… en tout cas jusqu’à ce que la voix inquiète de sa femme ne murmure :

— Qu’y a-t-il ?

C’est un jet de flammes qui lui répondit, brisant l’unique fenêtre de la chambre pour s’engouffrer à l’intérieur. L’homme prit à bras-le-corps son épouse et la tira vers lui. Tous deux s’écroulèrent sur le plancher au moment où le lit derrière eux s’embrasa. Les volutes incendiaires fusèrent à moins d’un mètre au-dessus du couple, qui se recroquevilla sur le sol. Ils n’eurent pas le temps de réagir à la vive chaleur et à la douleur provoquée que les flammes repartirent vers la fenêtre brisée comme aspirées vers l’extérieur.

L’homme eut cet instinct de s’immobiliser et de couper sa respiration, prétendant être mort. Il obligea sa femme à faire de même, une main plaquée contre sa bouche. Quelques secondes s’écoulèrent dans cette immobilité écrasante. Humant l’air, l’homme, Nayati, tenta de discerner l’odeur de la sorcière ou du sorcier qui venait de les attaquer. Cela ne pouvait être que l’un de ces êtres infâmes. L’odeur de brûlé était si puissante qu’il lui fut difficile de passer outre. De ce fait, Nayati n’était pas certain que celui qui les attaquait se soit éloigné. Le danger persistait. La prudence aurait voulu que lui et sa compagne humaine demeurent immobiles, mais c’était contre sa nature. L’homme détacha ses mains autour du visage de son épouse avant de l’obliger à se relever à sa suite. Derrière elle, il la poussa vers la porte faisant face au lit. Ils ne s’enfermaient jamais dans leur chambre, ils passèrent donc sans difficulté dans le couloir, laissant derrière eux une pièce noircie à part l’endroit derrière le lit où ils ont cherché refuge. La literie et le fauteuil prenaient feu. La fumée nappait déjà l’air. Il se retint de tousser malgré la gêne ressentie.

Sa femme devant lui faisait ce même effort nécessaire pour ne pas attirer l’attention sur eux. La pauvre tremblait de tous ses membres. Nayati n’en menait pas large, mais il passa devant elle pour les guider, et surtout être le premier à entrer dans la pièce à vivre. Sa femme, effrayée, se pressa dans son dos. Il sentit le renflement de son ventre proéminent ; elle attendait leur premier enfant. Un autre jet de flammes éclata à l’extérieur. C’est ce qu’ils virent par la baie vitrée du salon sur la droite. Là encore, cela ne donna pas lieu à un grand bruit qui aurait pu alerter tout le village. Les sons étaient comme étouffés. Sans doute l’emploi d’un sort annexe au pouvoir du feu auquel faisait appel cette sorcière ou ce sorcier. La fenêtre de leur chambre avait explosé, le feu s’était propagé dans la pièce, sans aucun bruit à part la chute du couple. Une magie était à l’œuvre.

Tous deux, qui s’étaient figés en apercevant le panache de lumière jaune-orangé par la baie vitrée, reprirent leur avancée. Ils tournèrent immédiatement sur la gauche, vers la cuisine, qu’ils traversèrent pour rejoindre la porte sur le côté de la maison. Samantha, l’épouse de Nayati, lui avait demandé d’avoir cet accès direct sur la cuisine depuis la terrasse, là où ils profitaient de bons moments avec la famille de son mari et leurs amis. Au moment où ils passèrent la porte de la cuisine, des cris de frayeur, de souffrance éclatèrent. Si eux avaient pu échapper aux flammes grâce à l’instinct de Nayati qui les avait tirés du sommeil, d’autres n’avaient pu avoir cette chance.

Nayati hésita sur la direction à prendre. Son instinct l’incita à porter secours à ses voisins, ses amis, sa famille, tous en danger, mais il lui fallait protéger ce qu’il avait de plus précieux : sa femme et leur fille à naître. Alors, plaquant son épouse à ses côtés, son bras passé en travers de ses frêles épaules, il l’entraîna vers la gauche pour la sortir du village. Leur ennemi se dirigeait vers son centre. Leur maison, qui bordait la forêt, avait dû être l’une des premières si ce n’est la première que le sorcier ou la sorcière avait dû prendre pour cible. Celui-ci n’avait pas vérifié que les occupants étaient bien morts, sans doute désireux de passer à la maison suivante. Ce village en comptait une cinquantaine au cœur de la réserve indienne Fort Apache, principalement couverte de forêts de pins.

Tout le long du trajet qui les conduisit de leur maison aux bois, Nayati aida sa femme du mieux qu’il put tout en la pressant d’accélérer. Tous deux allaient pieds nus et peu vêtus, Nayati ne portant qu’un caleçon et Samantha un short et un tee-shirt. Quelques mèches de ses longs cheveux blonds s’accrochaient à son visage baigné de larmes. Nayati, lui, ne pleurait pas. Il était concentré sur la mission qu’il venait de se fixer. Lorsqu’ils entrèrent dans la forêt, il vint plaquer sa femme contre un arbre pour la dissimuler et lui permettre également de retrouver sa respiration. Faisant bouclier de son corps, il se pencha sur le côté pour regarder son village dans lequel il avait vu le jour et grandi. Il s’attendait à voir sa maison et d’autres en proie aux flammes, mais ce n’était pas encore le cas. Une épaisse fumée se dégageait de la fenêtre de sa chambre, preuve qu’un feu y était en cours, mais il faudrait encore quelques minutes avant que celui-ci ne se propage au reste de la maison. Bien que cette bâtisse qu’il avait construite de ses mains eût une grande importance pour lui, ce n’est pas vers elle que se tournaient ses pensées. Non. Ce qu’il voulait avant tout sauver, c’était sa tribu.

Quelque chose attira immédiatement l’attention de Nayati sur sa femme, qu’il dépassait de deux têtes. Un bruit. Un déchirement. Une odeur. Il baissa les yeux vers Samantha au moment où elle leva les siens vers lui. Il lut dans ses yeux, aussi noirs que les siens, surprise puis inquiétude : elle venait de perdre les eaux. Frénétiquement, elle se mit à secouer la tête, refusant de croire ce qu’il se passait. Il restait encore trois semaines avant le terme… c’était trop tôt !

À son tour paniqué, Nayati porta son regard vers le centre du village où vivait Eyota, l’accoucheuse de la tribu. Un autre jet de lumière éclata dans la nuit noire, indiquant qu’une autre maison et ses occupants venaient d’être pris pour cible. Là encore, un silence aussi étrange qu’angoissant régnait. La poigne des mains de Samantha sur ses avant-bras le surprit.

— Fais quelque chose, gronda-t-elle.

— Eyota.

— Elle et les autres. Il faut les prévenir.

La bouche de sa femme était si serrée qu’elle n’était plus qu’un trait reflétant sa détermination. À ces mots, le cœur de Nayati se gonfla de fierté et d’amour envers sa femme, qui faisait passer la sécurité de sa meute à lui avant sa propre vie et celle de leur enfant à venir. Quelques années plus tôt, elle n’était pour eux qu’une étrangère, une humaine, mais elle avait réussi à se faire accepter parmi les siens.

Nayati se tourna d’un coup en direction de l’intérieur de la forêt. Quelqu’un s’y déplaçait… plusieurs personnes. Les sorciers et sorcières qui attaquaient sa race le faisaient un par un, mais il n’était pas impossible qu’ils se regroupent. Nayati comprit donc qu’il venait de commettre une terrible erreur de croire que le danger était dans le village et non derrière lui. La colère fit blanchir les articulations de ses mains qu’il serra en poings. La colère et une peur contenue du danger qui s’approchait d’eux rapidement… trop rapidement. Avant même d’apercevoir les silhouettes qui se déplaçaient à vive allure dans leur direction, le cœur de Nayati se gonfla cette fois-ci de joie et de soulagement.

Pourtant, n’importe qui d’autre aurait ressenti une peur viscérale à la vue de ces sept bêtes qui s’avançaient vers eux, slalomant entre les arbres. En pleine vitesse, les lycans couraient, leurs grands corps bondissant dans les airs et retombant au sol qu’ils tailladaient de leurs mains démesurées et munies de griffes acérées. Apparut brusquement un lycan devant le couple. Son corps massif de plus de 2,20 m envahissait leur champ de vision. Il était entièrement nu, et sa peau était d’un noir d’encre. Cela pouvait donner l’impression qu’il était couvert de poils. Quant à sa tête, elle était bestiale avec une gueule allongée et immense pourvue de crocs affilés qui dépassaient. Sa mâchoire était écumante. S’ajoutaient à ce portrait des yeux d’un rouge lumineux et des oreilles pointues qui permettaient à ces créatures de tout entendre sur une très grande distance. Les pieds s’apparentaient à des pattes canines. Les mains étaient immenses avec de longues griffes acérées. Le lycan ne resta que quelques secondes devant le couple, comme à l’affût du moindre bruit qui pourrait l’orienter vers sa proie. Puis il disparut.

Ash, qui courait en fermant la marche de leur escouade, n’eut aucun mal à voir par où était parti son frère d’armes lycan qui venait de s’arrêter devant le couple. Ce n’était pas tant sur son audition qu’il s’appuyait pour déterminer la position des autres membres de sa bande. Ash était lié à chacun d’eux par un lien magique qui permettait à la Horde de se déplacer en symbiose. De ce fait, il sentit plus qu’il ne vit Temptation, dit T, prendre la direction du couple à l’orée de la forêt. La femelle était prête à avoir un enfant. Elle était humaine. Son mâle, qui se trouvait à ses côtés, était de leur race : un lycan.

Ash ne s’attarda pas sur leur sort. Temptation se chargerait d’eux une fois qu’il aurait retrouvé sa forme humaine. Il perçut distinctement sa douleur physique lorsqu’il entama sa transformation, passant d’un lycan de plus de deux mètres de hauteur à un corps d’homme de 1,88 m. Cette douleur exalta ses sens et le fit courir plus vite, comme ses frères d’armes. Il rattrapa Ombre. Peu de choses dans leur aspect pouvaient les différencier l’un de l’autre : mêmes yeux rouges, même peau d’un noir vif, même stature impressionnante. Il n’y avait qu’une légère différence dans leur taille et la forme de leur buste, et encore, il fallait bien regarder. Sous leur forme lycan, leur carnation devenait plus sombre, comme leurs cheveux. Personne n’aurait pu se douter que, sous sa forme humaine, Ash était très blanc de peau et blond. Ses yeux noisette, après transformation, devenaient d’un rouge rubis qui teintait tout ce qu’il voyait de cette couleur.

Lorsqu’il quitta le couvert des arbres, Ash s’exposa comme les autres en terrain découvert. Dans le ciel, la lune n’était pas pleine. Les lycans qui vivaient dans ce village se retrouvaient ainsi démunis, incapables de se transformer, à la différence d’Ash et de ses frères d’armes.

Dans ce monde de rouge qu’il discernait, Ash vit qu’une partie de la dizaine de maisons était déjà en flammes. Le sorcier n’avait pas perdu de temps. Seulement quelques minutes s’étaient écoulées depuis le début de l’attaque. Ash et les autres accélérèrent. Il fallait trouver au plus vite leur ennemi et l’abattre. Il ne méritait aucune pitié ; ce village était le troisième qu’il attaquait. S’ils n’avaient pu rien faire pour le premier ni pour le deuxième village à avoir été attaqués alors que toute la bande venait d’arriver en Arizona, cette fois-ci ils devaient tout faire pour éviter que le bilan des blessés et des morts ne s’alourdisse. En entrant dans le village, Ash discerna des silhouettes rouge sombre, celles des gens qui couraient en tous sens pour fuir les feux. Certains tentaient de porter secours à leurs concitoyens blessés. Le plus difficile, c’était toujours de débusquer la sorcière ou le sorcier, car rien ne la ou le différenciait des autres humains. Et des humains, il y en avait beaucoup dans ce village.

Ash vit Abomination foncer tête la première vers une maison de laquelle se dégageait une épaisse fumée. Lorsqu’il percuta la façade de la maison, les briques ne résistèrent pas à son grand corps massif. Ash le perdit de vue au moment où il entra dans la maison par le grand trou qu’il venait de créer. Quelques secondes après, une famille entière put s’échapper en passant par là. Bien qu’il ne soit pas le plus grand d’entre eux, Abomination restait une force brute ; il était surtout doté d’un instinct protecteur qui le poussait à se mettre constamment en danger pour le bien d’autrui.

À la différence de lui, Domination était doté d’un esprit astucieux. De ce fait, au lieu de foncer tête la première dans un mur, il se dirigea droit vers le réservoir d’eau suspendu à plus de cinq mètres du sol au centre du village. Voyant que les maisons en flammes étaient regroupées à l’est, il prit position de ce côté. Une fois redressé, il se contenta de frapper de ses énormes mains griffues les poutres qui soutenaient le réservoir, lequel bascula vers lui. Dom s’écarta rapidement quand une vague d’eau vint s’écraser sur les maisons en flammes. Ash, lui, se concentra sur la traque du sorcier comme Silence et Thunder, qui marchaient à ses côtés. Comme lui, ils avaient ralenti puis s’étaient redressés. Le sorcier était encore là. Il pouvait être n’importe quelle personne dans le village, dont le dernier décompte était de 51 lycans et 142 humains.

Plus de jets de flammes pour indiquer sa position.

Les sorciers/sorcières étaient des êtres vicieux et sournois.

Ash tourna la tête vers Silence, rencontra ses yeux rouges. Il y perçut la même envie que lui de déchiqueter de ses griffes et crocs le sorcier qui avait tué tant des leurs lors de la précédente attaque qui les avaient conduits à se rendre en Arizona. À la façon dont respirait Thunder, Ash n’avait aucun mal à deviner que leur troisième camarade éprouvait le même désir. Sous leur forme lycan, il leur était impossible de parler, et c’était tant mieux, parce qu’aucun des sept mâles qui composaient la Horde ne voudrait parler, parlementer, se disputer. La parlotte n’était vraiment pas leur genre. Et puis ils n’avaient pas le temps pour ça lorsqu’il fallait réagir sous le feu de l’action.

Là, un homme. Ce n’était pas tant la façon dont il bougeait ou ce qu’il dégageait qui avertit Ash qu’il était celui qu’ils cherchaient. Il notait que sa température corporelle était plus haute qu’elle aurait dû, y compris pour un lycan dont la norme était 41° et non 37° comme pour les humains. Il était vêtu comme n’importe quel homme d’une quarantaine d’années qui vient d’être tiré du lit en pleine nuit. Il portait un bas de jogging, allait pieds nus, et ses cheveux bruns étaient défaits.

Les lycans pouvaient être tués de plusieurs manières, et le feu en faisait partie. Ainsi, lorsque les trois lycans appartenant à la Horde se mirent à foncer vers lui, le sorcier n’hésita pas à s’arrêter et à se retourner vers eux. Les mains tendues devant lui, il se mit à psalmodier les mots sacrés. Immédiatement, deux puissants jets de flammes fusèrent vers les trois lycans. Seuls deux d’entre eux s’écartèrent avant d’être touchés par le feu.

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